Constantin Andreou a créé des sculptures, des peintures et des reliefs colorés où oiseaux, yeux et figures humaines prennent des formes très diverses. Les œuvres choisies ici vont de la silhouette verticale en laiton d’Oiseau vers le ciel aux formes allongées de Femme vague.
Andreou (1917–2007) était sculpteur, peintre et graveur. Sa vie a relié le Brésil, la Grèce et la France. Dans ses textes, il décrivait le dessin comme un moyen de transformer une sensation en une image inventée, et le métal comme un moyen de prolonger une ligne dans l’espace. Ses propres mots et les observations de ses critiques accompagnent les œuvres présentées ci-dessous.
Un même imaginaire, plusieurs matériaux

Francis Villadier décrivait un atelier avec des espaces consacrés à la peinture, à la gravure, à la sculpture, au relief coloré et au modelage. Il y voyait un même imaginaire à l’œuvre, alors qu’Andreou adaptait sa démarche à chaque matériau. Une courbe, une ouverture ou un trait répété peut ainsi réapparaître sous une autre forme dans un autre médium.1
Dessiner dans l’espace
La sculpture est un moyen d’exprimer notre poésie avec des formes dans des différentes matières.
Constantin Andreou, texte de l’artiste dans Andreou: Sculpture (Bastas Editions, 1999), p. 237.

Oiseau vers le ciel est étroit et dressé, avec des plans qui se déploient comme des ailes de part et d’autre du corps. De petites grilles ponctuent le laiton, et le fond reste visible à travers les ouvertures. Ces vides allègent visuellement la haute forme métallique.
Andreou expliquait comment il utilisait le fil de laiton pour dessiner les formes intérieures et extérieures d’une sculpture.2 Dessiner dans l’espace : la sculpture de Constantin Andreou examine comment plaques et tiges donnent forme à Flamenco, à Germination et à une colonne ouverte.

Dans Oeil Radar, des plaques pointues entourent une armature laissée à découvert. Nous pouvons regarder à l’intérieur de l’œil tout en reconnaissant sa forme. Villadier suggérait que les yeux ouverts d’Andreou exprimaient peut-être sa curiosité.1 L’article Les yeux et les mondes intérieurs rapproche cette sculpture de trois autres yeux, dont les surfaces superposées et les fines tiges entourent des centres très différents.
Là où la sculpture rencontre la couleur

Dans Symphonie d’oiseau, des courbes de laiton, des pièces anguleuses et des grilles de fil métallique se superposent dans un cadre rectangulaire. De petits accents rouges interrompent les tons plus sombres du métal. Les arêtes saillantes projettent des ombres qui ajoutent d’autres lignes à la surface.
Villadier décrivait les reliefs comme une rencontre de la forme et de la couleur.1 Dans Là où la sculpture rencontre la couleur, Symphonie d’oiseau figure aux côtés de trois autres reliefs. Leurs creux colorés, leurs plaques saillantes et leurs ombres portées montrent comment couleur et profondeur se combinent.
La peinture à travers le miroir
Ainsi ma peinture est recherche d’une harmonie, symphonie entre le graphisme, le dessin, la couleur et la lumière.
Constantin Andreou, texte signé de l’artiste dans Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997).

Dans son introduction à Femme · Femmes, Andreou part du croquis : les premiers traits par lesquels une sensation ou une observation peut devenir une image inventée. Il décrit une pratique nourrie par le travail, de fréquentes remises en cause et la recherche d’une harmonie entre le dessin, la couleur et la lumière.3
Dans Miroir jaune, des traits courts traversent la figure et l’espace qui l’entoure. Des zones claires percent le champ jaune ; les contours se superposent et s’effacent parfois. L’essai de Sophia Kazazi sur les peintures au miroir examine les relations entre la femme, son reflet et ce qui l’entoure.4 Les rapprochements proposés dans Femmes et miroirs reprennent cette question à travers cinq peintures, dont celle-ci.
Une vitrine change les conditions de la rencontre. Les femmes présentées dans Les vitrines d’Amsterdam sont vues par quelqu’un qui regarde depuis l’extérieur. Les divisions peintes traversent leurs corps et les espaces qui les entourent. Dans son essai, Kazazi s’interroge sur la manière dont le regard du spectateur influe sur l’apparence de la figure.
Des figures réunies
Là où deux profils se rejoignent, un même trait peut appartenir aux deux visages. Le baiser et le couple observe de près ce contact, ainsi que les courbes qui l’enserrent et les traits denses qui l’entourent. La lecture de Kazazi laisse coexister tendresse et inquiétude.
Plusieurs têtes peuvent être réunies tout aussi étroitement. Dans La famille dans la peinture d’Andreou, des traits répétés et des plages de couleur relient des figures placées à différentes hauteurs. Les visages restent reconnaissables, mais les corps se fondent souvent dans les plans environnants. Chercher chaque personne attire l’attention sur l’ensemble de la composition.
Quand la figure devient une vague

La distinction entre le corps et ce qui l’entoure devient encore plus fluide dans Femme vague. Des formes allongées s’étendent sur un champ ocre. Les lignes qui dessinent une épaule ou une hanche se prolongent en boucles plus larges : il devient difficile de dire où finit un corps et où commence un autre mouvement.
Dans son étude du thème Amour des vagues, Kazazi rapprochait les courbes et les spirales des sculptures antérieures d’Andreou représentant des sirènes et des vagues. Elle voyait dans ces peintures les femmes et la mer se transformer mutuellement.5 Amour des vagues : les femmes et la mer examine trois versions de cet échange, où une figure peut être à la fois un corps allongé et une composante du mouvement de l’eau.
André Perrot mettait en garde contre une division trop rigide des peintures d’Andreou en thèmes. Selon lui, la couleur, la lumière et les transformations incessantes de la figure féminine relient ces sujets.6
Poursuivre la visite
Le catalogue réunit des images et des notices consacrées aux œuvres. Pour les musées, les collections publiques et les renseignements pratiques, consultez Où voir les œuvres de Constantin Andreou. La biographie et la bibliographie permettent de poursuivre la lecture sur sa vie et sur les textes consacrés à son art.
Parcourir le catalogue →
Lire la biographie →
Consulter les livres et la bibliographie →
Sources et lectures complémentaires
1. Francis Villadier, essai dans Andreou: Sculpture; Bas-reliefs en couleurs (Athènes : Bastas Editions, 1999). Ses descriptions et ses interprétations lui sont attribuées dans le texte.
2. Constantin Andreou, texte de l’artiste dans le même volume, p. 237. Les titres, les dates et les indications de matériaux des sculptures suivent les légendes et la note technique en français du livre ; les notices du catalogue donnent les références détaillées de chaque œuvre.
3. Constantin Andreou, texte signé commençant par « Depuis mon enfance… », dans Andreou. Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997).
4. Sophia Kazazi, « Femme et Miroir », dans Femme · Femmes (1997). L’essai français est signé Sophie Kazazi ; les crédits du volume donnent le nom de Sophia Kazazi.
5. Sophia Kazazi, « Amour des Vagues », dans Femme · Femmes (1997). L’essai apporte un contexte au thème ; les dates des œuvres suivent leurs légendes respectives. Les citations de cette page reprennent les textes français originaux.
6. André Perrot, essai sans titre dans Andreou. Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997). Il rapproche les figures récurrentes et met en garde contre des divisions thématiques rigides. Les articles accessibles par les liens ci-dessus donnent des sources plus complètes sur leurs sujets, notamment les essais de Kazazi « Vitrines d’Amsterdam », « Le baiser » et « Univers féminin – Famille » dans le même volume, ainsi que des études de Sapfo Mortaki.
