Le centre de l’Oeil Radar de Constantin Andreou est occupé par des barres et des ouvertures. Des plaques de laiton incurvées enveloppent cette armature apparente et dessinent plusieurs contours superposés qui se terminent en pointe. Au milieu de la sculpture, l’arrière-plan reste visible.

Le contour de l’œil s’étend bien au-delà de ce centre. Une large courbe se termine en pointe à droite ; des formes plus étroites s’effilent vers la gauche. Une rangée de courtes tiges suit la courbe du bord supérieur de la forme au premier plan. Le titre Oeil Radar (1972) évoque un instrument capable de détecter ce qui l’entoure, tandis que l’objet laisse voir une grande partie de sa construction.
Dans le catalogue de sculpture de 1999, Francis Villadier décrivait une réciprocité du regard dans les yeux ouverts d’Andreou :1
Des yeux dont on découvre l’intérieur, qui voient aussi bien ce qui les entoure que ce qui les compose.
Francis Villadier, essai dans Andreou: Sculpture (Bastas Editions, 1999).
Des yeux en relief
L’œil apparaît aussi dans les reliefs d’Andreou, où son contour se déploie sur une large surface. Ici, les bords en saillie, les zones colorées et les petites cavités donnent à l’intérieur une autre profondeur.

Dans Oeil Soleil (1965), une grande zone claire occupe l’intérieur du contour courbe de l’œil. Des bandes sombres et des taches rouges l’entourent, interrompues par des rangées de petites ouvertures rectangulaires. Près du milieu, des lamelles incurvées pendent sous une forme bleue, laissant d’étroits espaces entre leurs bords. Autour de cette structure décentrée, les bandes s’élargissent et se resserrent.

Oeil noir (1967) se referme plus étroitement autour de son centre. De larges plans de laiton entourent une cavité sombre et une surface rouge incurvée, avec une petite spirale métallique à l’endroit où pourrait se trouver la pupille. De courtes nervures suivent une partie du contour intérieur. Des barres plus longues le traversent en diagonale sur la droite et descendent vers le bord inférieur. Leurs lignes droites croisent les courbes qui entourent la spirale.
Un anneau de fines tiges

Une rangée de tiges très rapprochées forme l’anneau ovale d’Oeil Prisme (1968). À l’intérieur, des fils courbes font saillie autour d’un groupe de formes arrondies en laiton. Les tiges s’écartent vers la périphérie, tandis que les éléments de l’armature centrale se croisent dans plusieurs directions. Sur la reproduction, la zone noire en haut et la zone claire en bas font apparaître différentes parties de la construction ; les ombres des fils se projettent sur la zone inférieure.2
Villadier suggérait que les yeux ouverts d’Andreou exprimaient peut-être sa curiosité inlassable. Pour décrire cette curiosité, il passait des astres aux cellules, de la littérature aux mathématiques. Ces rapprochements sont ceux du critique : ils étendent le regard aux choses imaginées ou comprises, autant qu’à celles directement observées.1
Le Musée d’Art moderne de Paris conserve également une sculpture sur le thème de l’œil, L’œil (1965), acquise en 1966.3 La page Où voir les œuvres de Constantin Andreou présente d’autres œuvres conservées dans des musées et des informations pratiques pour les visites.
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Sources et lectures complémentaires
1. Francis Villadier, essai dans Andreou: Γλυπτική / Sculpture. Bas-reliefs en couleurs (Athènes : Bastas Editions, 1999). La citation reproduit le texte français original, sur lequel s’appuie également le passage sur la curiosité. Villadier propose un lien possible entre la curiosité et les yeux ouverts ; dans ce passage, il n’identifie pas individuellement les quatre œuvres illustrées.
2. Les titres et les dates des œuvres suivent les légendes d’Andreou: Sculpture (Bastas Editions, 1999) ; le laiton soudé est indiqué dans la note technique française du livre. Les descriptions et les comparaisons des quatre œuvres illustrées reposent sur les observations de l’Archive à partir de leurs reproductions.
3. Paris Musées, Musée d’Art moderne de Paris, L’œil, 1965, numéro d’inventaire AMS 14 ; acquisition le 22 juin 1966. La notice du musée atteste la présence de l’œuvre dans ses collections, sans confirmer qu’elle est actuellement exposée.
