Aller au contenu

Là où la sculpture rencontre la couleur

Dans les reliefs colorés de Constantin Andreou, les lignes du dessin deviennent des arêtes de métal. Une rangée de tiges projette de fines ombres ; une plaque incurvée abrite une tache rouge. La couleur apparaît sur de larges surfaces et entre les pièces de métal en saillie, qui la dissimulent parfois en partie.

Dans sa description de l’atelier d’Andreou à La Ville-du-Bois, Francis Villadier passait des peintures et des dessins aux outils et aux pièces inachevées de l’atelier de sculpture. Il décrivait les reliefs comme des œuvres « qui associent la forme et la couleur, la sculpture et la peinture ». Selon Villadier, Andreou adaptait ses idées à chaque matériau tout en conservant un style reconnaissable.1

La couleur entre les arêtes

Un relief horizontal composé de bandes métalliques bleu-vert, de rebords courbes et de plaques dressées, avec des zones rouges, violettes et ocre sur un fond ovale clair.
Prisme, 1961. Relief en laiton soudé. CAA-S-0257. Collection privée de la famille.

Prisme (1961) s’étend horizontalement sur un fond ovale clair. Ses bandes métalliques bleu-vert délimitent de petites zones rouges et violettes. Près du centre, des rebords arrondis entourent des creux colorés ; à droite, une haute plaque inclinée se dresse à côté d’une zone ocre plus petite. Des barres rapprochées s’étirent vers la gauche.

Dans cette reproduction, les ombres rendent les arêtes saillantes particulièrement nettes. Sous les plaques dressées, elles se projettent sur une surface violet pâle. Les petites zones rouges se trouvent plus profondément dans la structure, bordées et partiellement masquées par le métal.

Un large relief en laiton avec des plaques incurvées, des bosses arrondies, des pointes saillantes et des barres qui se croisent, sur un fond bleu-violet avec de petites zones rouges à l’intérieur.
Danse d’Oiseau, 1962. Relief en laiton soudé. CAA-S-0267. Collection privée de la famille.

Dans Danse d’Oiseau (1962), le fond bleu-violet reste visible autour du métal et à travers plusieurs ouvertures à l’intérieur de celui-ci. De larges courbes s’enroulent autour de bosses arrondies, tandis que des plaques pointues font saillie au-dessus et au-dessous de l’ensemble horizontal principal. De fines barres croisent les courbes à différents angles. De petites zones rouges ponctuent le centre dense ; le long des bords extérieurs, les ombres s’étendent sur la couleur environnante.

Cercles et croisements

Un relief en laiton étroit et vertical, avec une grande forme circulaire claire, un petit disque saillant, des bandes sombres incurvées, des rectangles rouges et des rangées de fines tiges.
Soleil Roi, 1963. Relief en laiton soudé. CAA-S-0260. Collection privée de la famille.

Une grande forme circulaire claire occupe le centre de Soleil Roi (1963), avec un petit disque saillant près de son bord droit. Des bandes courbes passent autour et au-dessous d’elle. Une rangée de rectangles rouges suit la courbe extérieure à droite, tandis qu’une autre bande rouge étroite descend à côté du disque. En haut et en bas, la composition se divise en plaques pointues, petites ouvertures rondes et rangées de fines tiges.

Les accents rouges dessinent certaines parties de la structure au milieu d’une zone bien plus vaste aux tons clairs, bruns et dorés. Leur répétition suit les bords segmentés du métal, donnant à la couleur un rythme lié à la construction du relief.

Un relief rectangulaire vertical en laiton composé de tiges qui s’entrecroisent, de plaques incurvées, de formes pointues et de zones claires, avec des accents rouges parmi les surfaces brunes et dorées.
Symphonie d’oiseau, 1963. Relief en laiton soudé. CAA-S-0196. Collection privée de la famille.

Symphonie d’oiseau (1963) remplit un champ rectangulaire de lignes qui se croisent. Des groupes de tiges parallèles passent verticalement, horizontalement et en diagonale entre de larges plaques incurvées. Des zones claires séparent certaines formes et aèrent cet agencement dense. Le rouge apparaît dans une bande en haut à gauche, dans des taches arrondies et dans de plus petites marques prises entre les tiges.3

Les préoccupations d’un peintre

Dans Femme · Femmes: Peintures (1997), Andreou évoquait, à propos de sa peinture, une recherche d’harmonie entre le graphisme, le dessin, la couleur et la lumière. Il employait le mot « symphonie » pour décrire leur relation.2 Dans les reliefs, une ligne saillante accroche la lumière le long de son arête et projette une ombre sur la couleur en dessous.

Dans Symphonie d’oiseau, certaines zones rouges restent entièrement visibles ; d’autres sont traversées par des tiges ou partiellement cachées sous un bord courbe. Le métal détermine la portion visible de chaque zone colorée.

Retour à Discover Andreou →
Parcourir le catalogue →
Où voir les œuvres de Constantin Andreou →

Sources et lectures complémentaires

1. Francis Villadier, essai dans Andreou: Γλυπτική / Sculpture. Bas-reliefs en couleurs (Athènes : Bastas Editions, 1999). La courte citation reproduit les mots du texte français original qui décrit les reliefs dans l’atelier d’Andreou. Le passage sur l’adaptation des idées à différents matériaux suit également le texte de Villadier.

2. Constantin Andreou, texte signé de l’artiste dans Andreou. Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997), commençant par « Depuis mon enfance… ». Ce texte porte sur la peinture. La comparaison avec les reliefs illustrés est une lecture de l’Archive, sans supposer que l’artiste décrivait ces œuvres particulières.

3. Les titres et les dates des œuvres suivent les légendes d’Andreou: Sculpture (Bastas Editions, 1999) ; le laiton soudé est indiqué dans la note technique française du livre. Les descriptions et les comparaisons des quatre reliefs illustrés reposent sur les observations de l’Archive à partir de leurs reproductions.

Dernière mise à jour :