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Les vitrines d’Amsterdam

Dans l’un des tableaux de Constantin Andreou intitulés Vitrine d’Amsterdam, une femme est allongée sur un fond bleu. Dans l’autre œuvre présentée ici, des visages clairs et des membres repliés remplissent un espace mauve tout en hauteur. Des lignes sombres traversent les figures et l’espace qui les entoure.

Dans son essai « Vitrines d’Amsterdam », publié dans Femme · Femmes: Peintures (1997), Sophia Kazazi décrit des femmes exposées en vitrine pour des rencontres sexuelles tarifées. Elle examine la tension entre le désir et la transaction. Selon elle, la lumière et l’invention picturale d’Andreou rendent leur dignité à ces femmes présentées comme des objets d’échange. Elle décrit ainsi la transformation de la femme dans le tableau :

Elle se transforme en signes qui s’inscrivent dans un espace indéfini, structuré avec des plans verticaux ou horizontaux.

Sophia Kazazi, « Vitrines d’Amsterdam », dans Femme · Femmes: Peintures (1997).

Sur un fond bleu

Une femme au corps clair est allongée sur des plans rectangulaires bleus et gris, avec deux zones triangulaires rouges à droite.
Vitrine d’Amsterdam, 1974. Peinture. CAA-W-0083. Collection privée de la famille.

Dans Vitrine d’Amsterdam (1974), la tête se trouve près du bord gauche et le torse clair s’étend au centre. Des formes anguleuses rouges et noires occupent la droite. Derrière et sous le corps, de longues diagonales traversent les bandes verticales bleues et grises.

Le corps se détache sur le bleu, mais les plans qui l’entourent interrompent son contour courbe. Le bleu réapparaît sous la figure et parmi les formes rouges et noires, et se prolonge dans les différents espaces délimités par le dessin.

Un format vertical

Des figures féminines mauve pâle et des contours sinueux remplissent une composition verticale sous une large bande noire.
Vitrine d’Amsterdam, 1980. Peinture. CAA-W-0081. Collection privée de la famille.

Le tableau Vitrine d’Amsterdam (1980) est peint en mauve, gris et crème. Des visages clairs et des membres repliés remplissent la composition tout en hauteur. Une large bande noire traverse le haut. De fines divisions verticales et de petits rectangles sombres interrompent les formes courbes au-dessous.

De petites marques sombres bordent les courbes autour des yeux, des épaules et des seins. Certains contours restent nets ; d’autres se fondent dans le dessin dense entre les figures.

Le regard du spectateur

Kazazi se demande si le regard sensuel de la foule explique la déformation du nu en vitrine. Elle laisse ouverte cette question sur le désir et la perception.

L’intérêt de Kazazi pour la façon dont le dessin construit l’espace est antérieur au livre de 1997. Dans une introduction à l’œuvre d’Andreou publiée en 1988, elle soulignait la construction architecturale de ses compositions et les rapports entre l’espace et la forme. Elle y mentionnait des « vitrines » aux côtés des nus et d’Amour des vagues, sans identifier l’un ou l’autre des tableaux présentés ici.

Dans le livre de 1997, André Perrot écrit en ami de l’artiste et met en garde contre un découpage de sa peinture en thèmes figés. Il rapproche les vitrines d’Amsterdam des femmes qui deviennent vagues ou nuages, des mères qui protègent des enfants, des figures dans des hamacs et des femmes qui se regardent dans des miroirs. Pour lui, la couleur, la lumière et la recomposition continuelle de l’image féminine relient ces sujets.

Les visages dédoublés dans Femmes et miroirs et les corps allongés dans Amour des vagues : les femmes et la mer illustrent deux des liens décrits par Perrot.

Sources et bibliographie

1. Sophia Kazazi, « Vitrines d’Amsterdam », texte signé « Sophie Kazazi », dans Andreou. Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997), non paginé. La citation reprend le texte français original. Le passage sur les femmes exposées, leur transformation picturale et le regard du spectateur suit son interprétation.

2. Les titres et les dates des œuvres suivent les notices du catalogue et les reproductions correspondantes dans Femme · Femmes: Peintures. L’Archive a rédigé les descriptions détaillées des deux tableaux en observant ces reproductions.

3. André Perrot, essai sans titre, dans Andreou. Femme · Femmes: Peintures (Édition G. Giannoussis, 1997), non paginé. Son texte relie explicitement le sujet d’Amsterdam à d’autres figures féminines récurrentes et met en garde contre les divisions thématiques rigides.

4. Sophia Kazazi, « Στάσεις. Εικαστικά. Εισαγωγή στο έργο του Ανδρέου » [« Introduction à l’œuvre d’Andreou »], Το Τραμ, nos 4–5 (janvier 1988), p. 185–186. Numérisé par le Centre de la langue grecque. L’article mentionne des « vitrines » sans identifier les deux tableaux reproduits ici.

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