Dans Oiseau vers le Ciel (1978), une longue pointe s’élève au-dessus des plans déployés de l’oiseau. Le bas du corps, très étroit, rejoint le socle par un mince point d’appui. Entre ces deux extrémités, les tôles pliées et les petits ajours disposés en grille donnent à la figure un contour irrégulier et changeant. Bien assise sur son socle, la sculpture conduit pourtant le regard vers le haut.

Les oiseaux reviennent tout au long de l’œuvre sculpté d’Andreou, dans des registres très différents. Dans son étude, Sapfo A. Mortaki voit dans l’oiseau blessé de 1954 une image de vulnérabilité et de résistance obstinée. D’autres oiseaux lui suggèrent un sentiment de liberté.1
Les quatre œuvres présentées ici donnent à voir une figure tendue vers le haut, un oiseau qui ne vole pas, une construction aérostatique ajourée et un relief coloré.
Un oiseau qui ne vole pas
Dans Oiseau qui ne vole pas (1994), une pointe effilée à droite et des plans saillants à gauche prolongent latéralement la large silhouette. Les surfaces pliées ondulent sur le corps bleu-vert, tandis qu’une saillie rectangulaire interrompt son bord supérieur. Sous le corps, un support étroit laisse un espace bien visible au-dessus du socle et souligne l’équilibre de l’ensemble.

À côté du grand Oiseau vers le Ciel, cet oiseau se déploie en largeur dans l’espace au-dessus de son socle. Le contraste tient aux formes elles-mêmes : l’une des compositions s’organise autour d’un élan vertical ; l’autre s’étend largement à l’horizontale. Le vol reste une question de direction et d’équilibre, même lorsque le titre en refuse la possibilité.
Au-delà des ailes
Dans Aérostatique (1968), de fines tiges se prolongent loin au-dessus et au-dessous de la structure centrale. Une petite surface rouge retient le regard près du centre, tandis que la répétition des barres, les courtes traverses et les extrémités arrondies l’attirent vers la périphérie. Les intervalles entre ces lignes occupent une grande partie de l’ensemble. Le fond sombre de la photographie rend la construction ajourée particulièrement lisible.

Mortaki met en relation les constructions linéaires de plus en plus fines d’Andreou avec ses sujets aérostatiques et l’impression de légèreté qu’elles produisent. Dans son analyse des aérostats, elle insiste sur l’illusion de formes libérées de leur poids. Dans la sculpture présentée ici, le titre évoque la possibilité de flotter dans l’air, tandis que l’armature apparente laisse voir l’espace environnant.2
Le thème s’étend aussi aux engins spatiaux imaginaires. S’appuyant sur Michèle Dubreucq, Mortaki compare une sculpture de 1973 représentant un engin spatial à un grand oiseau qui s’élance dans l’espace. Elle y voit une évasion imaginaire face à la violence et aux pressions de la civilisation technologique.2
Le rythme en relief
Symphonie d’oiseau (1963) transpose ce thème dans un relief rectangulaire. Des formes courbes se chevauchent, des bandes nervurées changent de direction et des accents rouges ponctuent les tons dorés et sombres. Certaines lignes s’ouvrent en éventail ; d’autres se resserrent en faisceaux. Le regard passe de larges plages à des zones très denses, adoptant chaque fois un rythme différent.

Le titre musical invite à prêter attention à ces répétitions et à ces variations. L’impression de mouvement naît ici des changements de direction, d’espacement et de couleur sur la surface.
Voir aussi Dessiner dans l’espace et Là où la sculpture rencontre la couleur.
Sources
1. Sapfo A. Mortaki, Η καλλιτεχνική μετανάστευση στην Ελλάδα: από τον 19ο στον 20ό αιώνα (1870–1970): η περίπτωση του Κωνσταντίνου Ανδρέου, thèse de doctorat, université Aristote de Thessalonique, 2010, volume principal, p. 315–316.
2. Mortaki, même thèse, volume principal, p. 316 et 322–323. La comparaison de l’engin spatial de 1973 avec un grand oiseau figure à la p. 323, n. 305, où Mortaki cite Michèle Dubreucq, Andréou: 40 ans de sculpture (1975), p. 28. Notice bibliographique de l’ouvrage de Dubreucq.
Les titres et les dates des œuvres sont repris des légendes examinées dans ANDREOU / ΓΛΥΠΤΙΚΗ / SCULPTURE: BAS-RELIEFS EN COULEURS (Athènes : Bastas Editions, 1999), respectivement aux p. 32, 37, 89 et 26. L’indication du laiton soudé repose sur la note technique en grec et en français du volume. Notice bibliographique du volume. Les mentions de collection actuelle reprennent celles des notices des Archives auxquelles renvoient les liens ; la Hellenic Diaspora Foundation répertorie également l’oiseau qui ne vole pas dans sa collection. Les descriptions des quatre illustrations reposent sur les observations des Archives à partir des reproductions.
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